Un mariage vietnamien n’est pas un événement unique mais une succession de cérémonies, et beaucoup de couples découvrent au moment de réserver la salle que les deux familles n’imaginaient pas la même chose. La famille du marié dit « faisons simple pour les fiançailles » ; celle de la mariée attend toujours le jeu complet de plateaux de présents et toute la parenté. Nommer clairement les trois cérémonies évite plusieurs conversations délicates.
Trois cérémonies, pas deux
- Lễ dạm ngõ, la première visite officielle. La famille du marié se rend chez celle de la mariée avec des présents très modestes — bétel et noix d’arec, thé, gâteaux — pour demander que le couple puisse se fréquenter ouvertement. Une poignée de personnes, pas d’invités, pas de banquet.
- Lễ ăn hỏi, la cérémonie de fiançailles. La famille du marié apporte des présents chez la mariée et demande officiellement sa main, devant des parents des deux côtés. À l’issue de la cérémonie, le couple est considéré comme fiancé.
- Lễ cưới, le mariage lui-même : le lễ xin dâu, où l’on demande la permission d’emmener la mariée ; le cortège qui la conduit chez le marié ; le lễ gia tiên, la cérémonie devant l’autel des ancêtres dans les deux maisons ; et le banquet des invités.
L’écart entre fiançailles et mariage dépend des familles : un à trois mois chez certaines, une seule semaine chez d’autres. De plus en plus de familles organisent les deux le même jour, ce qui évite aux proches un second voyage.
Ce qui les distingue
En bref : les fiançailles concernent deux familles ; le mariage concerne deux familles et tous ceux qu’elles connaissent.
- Lieu : les fiançailles se tiennent chez la mariée. Le jour du mariage passe par les deux maisons, puis par le restaurant.
- Nombre de personnes : 30–60 aux fiançailles, surtout de la famille. Plusieurs centaines au banquet.
- Présents : plateaux et enveloppe d’argent du lễ đen aux fiançailles. Au mariage, fleurs, alliances et offrandes sur l’autel des ancêtres.
- Tenue : áo dài aux fiançailles ; áo dài le matin et souvent une robe de style occidental le soir du mariage.
- Coût : les fiançailles représentent généralement 10–20 % du banquet.
Les trois régions font différemment
Le Nord
Les présents voyagent dans des tráp, des boîtes laquées couvertes d’un tissu rouge, et leur nombre est toujours impair : 3, 5, 7, 9 ou 11. La quantité à l’intérieur de chaque boîte est en revanche paire. Un jeu de base contient bétel et noix d’arec, alcool, thé, bánh cốm (gâteaux de riz gluant vert), bánh phu thê (gâteaux « mari et femme ») et fruits. Un jeu plus complet ajoute un cochon de lait rôti et du xôi gấc, un riz gluant rouge dont la couleur symbolise la chance.
Deux détails sont typiquement du Nord. Le lễ đen, aussi appelé tiền nạp tài, est une enveloppe rouge contenant de l’argent, remise par la famille du marié, dont le montant est convenu à l’avance. Et le lại quả : la famille de la mariée rend une partie des présents pour que celle du marié la rapporte chez elle, et la coutume veut que la part rendue soit déchirée à la main, jamais coupée au couteau. Les boîtes sont portées par des jeunes gens non mariés, qui échangent de petites enveloppes rouges en se les transmettant.
Le Centre
Le Centre, et Huế avant tout, accorde plus d’importance à la justesse du rituel qu’à l’ampleur des présents. Les offrandes sont modestes, mais le déroulé est strict : un aîné tient le rôle de chủ hôn, le porte-parole de la famille, on demande formellement l’heure propice, et chaque étape suit un protocole connu. Ici les plateaux se comptent en nombre pair, et les familles de Huế veillent plus que les deux autres régions à l’heure faste et à l’ordre dans lequel chacun franchit le seuil.
Le Sud
Dans le Sud, la cérémonie de fiançailles s’appelle đám nói, « la parole », ou lễ bỏ trầu cau, « la remise du bétel ». Les présents sont posés sur des mâm quả, des plateaux ronds sous un tissu rouge, et leur nombre est pair : 4, 6, 8 ou 10. Un jeu typique comprend bétel et noix d’arec, thé et alcool, gâteaux phu thê ou gâteau à l’occidentale, fruits, porc rôti et xôi gấc.
L’ambiance du Sud est plus détendue : le rituel est plus court et une plus grande part de la journée est consacrée au repas et à la conversation. Le plateau de bétel, lui, est une chose que presque aucune famille n’omet — le bétel et la noix d’arec sont le symbole traditionnel du mariage au Vietnam, tiré d’un très ancien conte populaire sur la fidélité entre un mari, une épouse et un frère.
Choisir les bons mots sur le faire-part
Trois termes sont souvent confondus :
- Lễ Vu Quy figure sur le faire-part et la signalétique de la famille de la mariée. Il désigne le départ de la fille vers la maison de son mari.
- Lễ Tân Hôn figure sur le faire-part et la signalétique de la famille du marié.
- Lễ Thành Hôn s’emploie pour un banquet commun unique, ou pour un faire-part envoyé par le couple lui-même.
C’est précisément pourquoi beaucoup de couples ont besoin de deux faire-part plutôt que d’un. Avec des cartes imprimées, cela veut dire deux tirages. Avec un faire-part en ligne, deux liens et deux listes d’invités distinctes.
Trois points à régler tôt
- Combien de plateaux, et selon la coutume de quelle région.
- Le montant du lễ đen, et qui le garde ensuite.
- L’écart entre les fiançailles et le mariage, ou le choix de tout faire le même jour.
Abordez ces trois points lors de la visite du dạm ngõ, entre les deux couples de parents. Posées à ce moment-là, ces questions ouvrent une conversation. Posées une fois la salle réservée et les faire-part imprimés, elles deviennent une négociation.
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